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Par : Fredéric Polier
| Après la saison 2007 qui fut une réussite à bien des égards, j’engage la deuxième saison de mon mandat de directeur de l’Orangerie avec la même équipe mais quelque peu renforcée.
Le nombre de représentations prévues en 2008, plus de soixante-douze, sera quasiment équivalent à 2007, ce qui est conséquent et offre au public une riche saison théâtrale d’été.
J’ose croire que nous avons commencé à fidéliser un public et que cela ira croissant. Je souhaite qu’il soit aussi divers que la saison passée, heureux, étonné, ravi, touché, et qu’il dépasse les huit mille spectateurs.
Mon souci reste toujours la qualité et la multiplicité des artistes, comédiens, metteurs en scènes, techniciens, musiciens etc… qui se produiront à l’Orangerie.
Je souhaite que « l’Orangerie Théâtre d’été » continue à engendrer des soirées inoubliables où l’art se mêle à la beauté du lieu, dans lequel on s’attarde avec plaisir, au gré des rencontres.
Une fête d’ouverture marquera le coup d’envoi le 18 juin tout près du premier jour d’été qui nous l’espérons sera bienveillant cette année.
La programmation
Une saison délibérément hétéroclite et bariolée, chaleureuse je le souhaite pour qui aime le théâtre dans tous ses éclats, dans toutes ses humeurs, pour autant qu’il réponde au principe d’étonnement et à la sincérité d’un geste artistique et philosophique; des projets de longue haleine, longuement préparés par les divers porteurs de ceux-ci, savamment peaufinés et distribués.
Si les arts de la scène sont actuellement en pleine mutation, ce changement répond à l’évolution chaotique du monde. On ne peut pas, en art, se contenter de l’immuable.
Nous présenterons donc cette année quatre créations, conçues, créées et rêvées pour le Théâtre de l’Orangerie, qui, chacune à sa façon, témoigne de cette évolution. Les quatre pièces interrogent sans complexe des oeuvres illustres ou des mythes connus de tous, il nous a semblé passionnant de voir quelles réflexions, quels gestes ceux-ci inspirent à notre époque.
Tout d’abord ma compagnie, l’Atelier Sphinx, prendra ses quartiers en juin afin de présenter une vingtaine de fois « Le Songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare Dans une version intense et ciselée, afin d’en extraire la substantifique moelle et d’en proposer une lecture au delà des apparences pour goûter les subtils poisons contenus dans ce gâteau de mariage.
Après la mi-juillet le Théâtre du pont neuf et son metteur en scène Michel Favre créera la pièce de Gildas Bourdet « L’Inconvenant », suite logique de sa création du « Saperleau » du même auteur, à nouveau une grande distribution pour cette comédie grinçante et furieusement moderne.
J’aurai ensuite l’immense plaisir d’accueillir le grand artiste qu’est Pierre Byland avec deux « Opus » : son spectacle mythique « Confusion » conçu avec Jacques Lecoq et une création Italienne (Milan) « Cadavres Exquis »… dans la plus pure tradition du clown.
Didier N’kebereza metteur en scène original et radical s’est adjoint la comédienne Juliana Samarine qu’il n’est nul besoin de présenter, pour son adaptation très personnelle de « La Mouette » d’Anton Tchekhov.
Le metteur en scène et auteur Serge Martin bien connu du public genevois présentera ensuite sa pièce plusieurs fois remise sur le métier « Dernières facéties avant le déluge » avec entre autres: Hélène Cattin, Christian Scheidt et Bernard Escalon… Une oeuvre, à mon sens, visionnaire et originale, d’une saveur tout à fait particulière.
Pour clore la saison fin septembre l’Orangerie accueillera le musicien lausannois Christophe König et son répertoire poétique mis en musique
De manière surprenante et inattendue de Rimbaud à Michaux en passant par
Mallarmé.
En plus…
L’Orangerie Théâtre d’été accueillira également... et proposera…
• Le 18 juin une fête d’ouverture avec le musicien Stefano Saccon
et son groupe La Strada
• Diverses concerts (Gotan Jazz Quartet, Christophe Koenig, Myriam Boucris etc…
• Une fête du premier août (celle de l’année passée en a réconcilié plus d’un
avec notre fête nationale…)
Spectacles d’une généreuse légèreté, qui n’est ni oubli ni déni des pesanteurs du monde, de nos conditions, de nos vies, mais qui, le temps d’une soirée, d’une nuit de théâtre nous désenclave de nos habitudes de penser, de voir, de parler, de vivre, pour nous ramener à l’étendue, au champs des possibles, avec la parole comme arme ; ni langue de bois, ni catéchisme politique moralisateur, c’est l’expression ludique d’une verve et d’une insolence à l’état pur, d’un comique vengeur, d’une invention sans cesse renouvelée au service de la liberté. à la grâce du songe.
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